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L'escroc

1 - Introduction

 


Vous est-il déjà arrivés de vous dire à quel point il pourrait être très utile d'avoir la possibilité de remonter dans le temps ? Obtenir une deuxième chance qui nous permettrait reprendre le bon chemin là où nous l'avions mal choisi auparavant.

Je vais vous raconter mon histoire, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce que j'en ai besoin afin de vider mon esprit de cette mauvaise expérience, et aussi pour faire connaître à tous ceux qui ne s'en doutent pas qu'on n'a pas toujours affaire à de personnes honnêtes sur cette planète. Surtout lorsqu'il s'agit d'une relation en laquelle on croyait...

Faites connaître cette mésaventure à tout ceux auxquels vous voulez du bien. Contrairement à ce que bon nombre peuvent croire, ceci peut arriver à tout individu doté d'un minimum d'humanité, d'altruisme et de générosité.

En tout cas, je peux dire aujourd'hui que je ne renoncerais jamais à ces qualités enoncées ci-dessus. Rien ne changera ma nature profonde. Je suis quasiment certain que je ne me serais jamais fait avoir si j'avais su que des crapules en ce genre pouvaient passer aussi facilement inaperçu.

Comme on dit : "Trop bien pour être honnête !"

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Ajouté le 12:05 à 25/5/2008
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2 - Rencontre du personnage

 


Septembre 2005. Je me décidais à m'inscrire dans ce Club de Fitness qui se trouvait près de chez moi à l’époque, à Saint Estève, une ville des Pyrénées Orientales près de Perpignan. Il devenait nécessaire pour moi de pratiquer une activité qui me changerais les idées face à mes soucis professionnels. A l'accueil de l'établissement, un homme m'a reçu. Très expressif avec qui le courant est très bien passé, et j'ai obtenu un abonnement annuel à tarif réduit. En fait, nous n'’avons pas passé une heure à parler de forme et de santé, mais plutôt de la vie d'artiste. En effet, Francis est un artiste, plus précisément animateur dans le monde de la nuit. Il vient de Paris et rend un service d'ordre commercial au directeur du centre. Il m'a beaucoup parlé de lui et de son activité parisienne. J'avoue que cet homme disait tellement de choses que je n'ai pu en retenir la moitié. Surtout que j'étais pressé car en retard pour un autre rendez-vous. En tout cas, j'ai bien retenu que lorsque je lui ai parlé de mon cabaret que je tiens avec mes parents, il m'a rapidement proposé d'’y faire une soirée pour leur remise de prix de parrainage.

Le jour suivant, Francis me présente le directeur du club de sport, Christian Clément (photo). Je leur proposai de venir dîner dans mon établissement afin de faire plus ample connaissance avec mes parents et moi. Ils ont beaucoup apprécié notre établissement et l'on adopté pour leur soirée.

(Christian Clément)

C'était une bonne occasion, étant donné que mes parents et moi avions du mal à faire tourner le cabaret. Notre collaboration ne pouvait qu’être bénéfique puisqu'elle nous permettait de faire connaître mon établissement ouvert depuis le mois de mars.

J'ai remis à Francis une pile de prospectus que nous avions réalisés avec lui. Il devait ensuite faire le reste du boulot pour vendre les places.

Au final, la soirée n'a pas donné le résultat tant attendu. 30 personnes à tout casser. L'ambiance était au beau fixe mais malheureusement pas assez de monde. Et c’est là que l'aventure commence sans que je la vois venir… Christian avait beaucoup apprécié mon établissement et il ne comprenais pas pourquoi mon affaire ne tournait pas mieux que ça. Je reconnaissais que nous ne savions pas comment nous y prendre pour nous faire connaître. Il m’a alors proposé de m'aider à développer mon activité pour quelle puisse fonctionner aussi bien que la sienne. D’après lui, le succès d'une affaire ne se limite pas seulement à la qualité des services proposés, mais également à la communication. Il est indispensable de faire de la publicité pour faire venir du monde, surtout quand le produit est nouveau, et pas n’importe comment. Il faut que la publicité soit à l'image de l'établissement.  Il me proposa alors de faire de la publicité pour mon cabaret en me faisant bénéficier des tarifs qu'ils avaient négocié pour lui auprès des journaux, magazines, imprimeurs et son fameux maquettiste. Pour cela il devait payer les prestations avec sa boîte, et je devais le rembourser avec la mienne via des factures de rétrocession. Christian insistait sur l'importance de faire ces démarches publicitaires car c’est le seul moyen de se faire connaître. Je me suis dit que cela ne pouvait que fonctionner et ramener du monde. Il semblait tellement sincère quand il me disait qu’il voulait m’aider. Il m'a même proposé de m'avancer l'argent quand je lui ai dit qu’il n'était pas question de sortir de l'agent de ma boîte pour le moment, faute de moyen. Fin décembre, Christian nous a obtenu une maquette gratuitement pour nos futurs flyers, que nous avons fait fabriquer en grande quantité par son imprimeur dans le but de les distribuer en boîtes aux lettres sur les P.O. et l'aude.

En attendant de pouvoir me prêter les sommes nécessaires, il a réussi à me faire sortir tout ce qui me restait sur mon C.E.L., et a payé les prospectus dont nous avons bien dû attendre la livraison pendant un mois. Tout d'abord Christian disait que, le cd qui contenait la maquette était défectueux et que l'imprimeur n’avait donc pas pu faire son travail ; ensuite, comme nous avions fait perdre du temps à l'imprimeur, il a dû mettre en route d'autres impressions avant de passer à la nôtre. Bref, les flyers ont dû être livrés en février chez le distributeur qui les attendait plus tôt pour faire la distribution. Là aussi, tout était chamboulé et il fallait programmer une nouvelle distribution. C’est Christian qui s’occupait de tout ; normal, il était le négociateur, et il me faisait passer pour son associé.

Ensuite, comme il fallait continuer à faire de la publicité, j’ai convaincu ma mère de faire des chèques que Christian devait encaisser à des dates précises.

Je commençais à comprendre qu'il était vraiment nécessaire de faire de la publicité, mais apparemment il fallait bien déterminer les publicités qui fonctionnaient le mieux. La publicité journal valait la peine mais seulement pour annoncer des soirées ponctuelles telles que la saint valentin qui fut un succès.

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Ajouté le 12:19 à 25/5/2008
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3 - Un service pas comme les autres

 


J'étais très touché par sa générosité, et par la confiance qu’il était prêt à m'accorder. Nous ne nous connaissions que depuis quelques mois et il voulait déjà m'aider et même me prêter de l'argent. Il me confiait qu'il commençait également à m'apprécier, et qu'il voyait chez moi un homme bien. J'étais sous l'emprise de ses mots qui me flattaient. Ce qu'il me disait, je le pensais aussi car je sais que je suis gentil, loyal (comme les chiens lol). Aussi, il insistait souvent sur le fait qu'il ne fallait pas en parler à sa copine car elle ne serait pas d'accord et elle ne comprendrait pas le geste qu'il faisait pour moi.


Puis, fin février 2006, Christian m'annonça qu’il ne pouvait pas disposer de son argent facilement. Il voulait me prêter au moins 35000 euros, mais pour pouvoir les toucher, son banquier, qu'il appelait régulièrement devant moi, devait faire une opération bancaire afin de débloquer les fonds. En gros, ça consistait dans un premier temps, à verser sur son compte le montant qu'il voulait retiré, afin de prélever 2 fois cette même somme dans un deuxième temps. Il me disait que le seul moyen, c'est que j'emprunte le temps de faire l'opération. Au bout de 2 ou 3 semaines, je pourrais ensuite tout rembourser.

Après tout, pourquoi pas, puisque je rendrais l'argent aussitôt. Christian ne me laissait pas le temps de réfléchir et j'ai donc fini par accepter de faire des emprunts, vu que finalement l'argent il le débloquait pour moi. C'était la moindre des choses. Et puis j'étais prêt à tout pour enfin voir ma boîte tourner correctement. A l'époque, je touchais le chômage encore pour quelques mois, et j'avais jusqu'à septembre pour avoir les moyens de me sortir un salaire.

Le seul problème était qu'en étant au chômage, je ne pouvais pas faire d'emprunt. Alors, il m'a fait des fiches de paie au nom de ma société. Il m'avait convaincu qu'’il n'y avait aucun mal à cela, étant donné que je rembourserai peu de temps après et que je n’aurai même pas à payer la première échéance. Bref, je n'avais pas le temps de réfléchir, il me mettait la pression car il fallait faire vite. Il est vrai que je ne comprenais pas tout, mais Christian avait déjà suffisamment gagné de ma confiance pour que je puisse le suivre.

Il m'accompagna à chaque organisme qu'il avait choisi pour faire mes emprunts. Il savait quels justificatifs je devais avoir en main et il m'attendait toujours dehors. Nous avons commencé par la BNP, pour faire un emprunt de 15000 euros. Il m’a présenté le directeur d'agence en lui disant que j'avais besoin d'acheter une voiture. J'ai ouvert un compte bancaire chez eux, et accepté une réserve d'argent de 3000 euros. Ensuite ce fût Sofinco qui m'ont accordé la somme de 12000 euros, et Carrefour pour 8000 euros. Et voilà, 38000 euros.

Je commençais à lui donner les sommes en plusieurs fois, par chèque, en espèces le plus souvent. Il semblait maîtriser la situation, alors je ne cherchais pas en savoir plus. Je savais seulement qu'il fallait répartir l'argent de façon à ne pas faire le rapprochement avec ce que j'avais emprunté.

Et comme cela ne suffisait pas, Christian souhaitait me prêter davantage et il m’a obtenu un rendez vous avec une de ses connaissances de chez AXA afin de faire un emprunt de 12000 euros. Quelque part, j'étais rassuré que celui ci soit refusé, mais d'après Christian ça faisait foirer l'opération bancaire vu que la somme qu'il avait prévu ne correspondait plus. Dire qu'en pensant que j'aurais l'argent, je lui avais déjà fait des chèques pour une valeur de 12000 euros. Quand je lui ai demandé de me les rendre, il m'a répondu qu’il fallait attendre qu’il reviennent en impayés puisqu'il les avait déjà encaissé. Résultat : interdiction bancaire pour 2 chèques impayés (dont un qui était destiné au distributeur ADREXO, ce que je n'ai su que quelques mois après lorsqu'il me le donna)

Je commençais à me poser des questions certaines choses. Mais comme je croyais vraiment qu'il me donnerait l'argent rapidement, je ne voulais rien savoir. Ses magouilles ne me regardaient pas. Je ne pensais qu'à une chose c'était de faire tourner mon établissement. 

Christian me disait qu'il était encore possible de rattraper l'erreur et qu’il fallait laisser agir son banquier. Mais en attendant, il fallait faire ma publicité. Surtout qu'il fallait distribuer les 80000 flyers qu'on venait de faire imprimer.

En même temps il a réussi à me faire convaincre ma mère de lui faire des chèques de ma société dans le but de financer des encarts dans des journaux et dans le magazine TV, une affiche dans l'entrée d’un cinéma. Au total 25000 euros lui ont été versés depuis le début, dont des chèques qu’il ne devait pas encaisser sans l'accord de ma mère (ils ne devaient servir que de couverture si sa copine s'apercevait de quelque chose!). Selon lui, nous n'avions pas compris et c'était bien convenu comme il avait fait.

Mais je ne pouvais pas en vouloir à Christian de ce qui se passait. Son banquier lui causait des soucis et les semaines passaient. Je m'inquiétais pour lui alors que j'aurais mieux fait de m'inquiéter pour moi.

Mais comment dire… Christian était extrêmement sympathique avec moi. Nous passions de bons moments ensemble. Il m'invitait souvent à dîner au restaurant. Nous avons passer des week ends ensemble, à se balader, à faire des virées en Espagne. Nous sommes même allés plusieurs fois en été à la plage du Cap d’Agde, chez les naturistes. J'apprenais à le connaître : afin de garder sa forme et son corps d’athlète, il prenait extrêmement soin de lui, faisait attention à son alimentation, faisait du sport quasiment tous les jours, avalait toutes sortes de pilules et protéines, faisait régulièrement des séances d’épilations pour enlever ses 3 poils et entretenir son maillot !… Il faut dire qu'à 51 ans, il doit faire attention à pas mal de choses pour pouvoir entretenir la forme et la santé. Et si on ne regarde pas son visage et ses implants capillaires, on ne peut pas deviner son âge !


Il me disait souvent qu'il m’appréciait beaucoup et qu'il voulait faire plein de choses avec moi, qu'il souhaitait vivre " une amitié de fou ".

J'y croyais vraiment, il m'avait sous son emprise. Pour moi, c'était un honneur de pouvoir être ami avec un tel homme. Je voyais en lui l’homme d’affaire arriviste que j’aurais voulu être. Je voulais avoir son talent grâce auxquels il réussissait à négocier des contrats intéressants qui le permettaient de faire tourner un établissement. Il avait également des relations bien placées.

Etant dans une période de mon existence pendant laquelle je ne voulais pas penser à ma vie sentimentale, je ne souhaitais consacrer mon énergie que dans mon travail. Et puis je n’avais envie que d’une chose ; lancer mon affaire dans le but d’enfin trouver un certain confort, confort que mes parents n’ont jamais vécu et que je pensais pouvoir leur offrir grâce aux conseils de Christian.

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Ajouté le 13:56 à 25/5/2008
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Le récit d'une mauvaise rencontre qui me coute très cher aujourd'hui

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