J'étais très touché par sa générosité, et par la confiance quil était prêt à m'accorder. Nous ne nous connaissions que depuis quelques mois et il voulait déjà m'aider et même me prêter de l'argent. Il me confiait qu'il commençait également à m'apprécier, et qu'il voyait chez moi un homme bien. J'étais sous l'emprise de ses mots qui me flattaient. Ce qu'il me disait, je le pensais aussi car je sais que je suis gentil, loyal (comme les chiens lol). Aussi, il insistait souvent sur le fait qu'il ne fallait pas en parler à sa copine car elle ne serait pas d'accord et elle ne comprendrait pas le geste qu'il faisait pour moi.
Puis, fin février 2006, Christian m'annonça quil ne pouvait pas disposer de son argent facilement. Il voulait me prêter au moins 35000 euros, mais pour pouvoir les toucher, son banquier, qu'il appelait régulièrement devant moi, devait faire une opération bancaire afin de débloquer les fonds. En gros, ça consistait dans un premier temps, à verser sur son compte le montant qu'il voulait retiré, afin de prélever 2 fois cette même somme dans un deuxième temps. Il me disait que le seul moyen, c'est que j'emprunte le temps de faire l'opération. Au bout de 2 ou 3 semaines, je pourrais ensuite tout rembourser.
Après tout, pourquoi pas, puisque je rendrais l'argent aussitôt. Christian ne me laissait pas le temps de réfléchir et j'ai donc fini par accepter de faire des emprunts, vu que finalement l'argent il le débloquait pour moi. C'était la moindre des choses. Et puis j'étais prêt à tout pour enfin voir ma boîte tourner correctement. A l'époque, je touchais le chômage encore pour quelques mois, et j'avais jusqu'à septembre pour avoir les moyens de me sortir un salaire.
Le seul problème était qu'en étant au chômage, je ne pouvais pas faire d'emprunt. Alors, il m'a fait des fiches de paie au nom de ma société. Il m'avait convaincu qu'il n'y avait aucun mal à cela, étant donné que je rembourserai peu de temps après et que je naurai même pas à payer la première échéance. Bref, je n'avais pas le temps de réfléchir, il me mettait la pression car il fallait faire vite. Il est vrai que je ne comprenais pas tout, mais Christian avait déjà suffisamment gagné de ma confiance pour que je puisse le suivre.
Il m'accompagna à chaque organisme qu'il avait choisi pour faire mes emprunts. Il savait quels justificatifs je devais avoir en main et il m'attendait toujours dehors. Nous avons commencé par la BNP, pour faire un emprunt de 15000 euros. Il ma présenté le directeur d'agence en lui disant que j'avais besoin d'acheter une voiture. J'ai ouvert un compte bancaire chez eux, et accepté une réserve d'argent de 3000 euros. Ensuite ce fût Sofinco qui m'ont accordé la somme de 12000 euros, et Carrefour pour 8000 euros. Et voilà, 38000 euros.
Je commençais à lui donner les sommes en plusieurs fois, par chèque, en espèces le plus souvent. Il semblait maîtriser la situation, alors je ne cherchais pas en savoir plus. Je savais seulement qu'il fallait répartir l'argent de façon à ne pas faire le rapprochement avec ce que j'avais emprunté.
Et comme cela ne suffisait pas, Christian souhaitait me prêter davantage et il ma obtenu un rendez vous avec une de ses connaissances de chez AXA afin de faire un emprunt de 12000 euros. Quelque part, j'étais rassuré que celui ci soit refusé, mais d'après Christian ça faisait foirer l'opération bancaire vu que la somme qu'il avait prévu ne correspondait plus. Dire qu'en pensant que j'aurais l'argent, je lui avais déjà fait des chèques pour une valeur de 12000 euros. Quand je lui ai demandé de me les rendre, il m'a répondu quil fallait attendre quil reviennent en impayés puisqu'il les avait déjà encaissé. Résultat : interdiction bancaire pour 2 chèques impayés (dont un qui était destiné au distributeur ADREXO, ce que je n'ai su que quelques mois après lorsqu'il me le donna)
Je commençais à me poser des questions certaines choses. Mais comme je croyais vraiment qu'il me donnerait l'argent rapidement, je ne voulais rien savoir. Ses magouilles ne me regardaient pas. Je ne pensais qu'à une chose c'était de faire tourner mon établissement.
Christian me disait qu'il était encore possible de rattraper l'erreur et quil fallait laisser agir son banquier. Mais en attendant, il fallait faire ma publicité. Surtout qu'il fallait distribuer les 80000 flyers qu'on venait de faire imprimer.
En même temps il a réussi à me faire convaincre ma mère de lui faire des chèques de ma société dans le but de financer des encarts dans des journaux et dans le magazine TV, une affiche dans l'entrée dun cinéma. Au total 25000 euros lui ont été versés depuis le début, dont des chèques quil ne devait pas encaisser sans l'accord de ma mère (ils ne devaient servir que de couverture si sa copine s'apercevait de quelque chose!). Selon lui, nous n'avions pas compris et c'était bien convenu comme il avait fait.
Mais je ne pouvais pas en vouloir à Christian de ce qui se passait. Son banquier lui causait des soucis et les semaines passaient. Je m'inquiétais pour lui alors que j'aurais mieux fait de m'inquiéter pour moi.
Mais comment dire
Christian était extrêmement sympathique avec moi. Nous passions de bons moments ensemble. Il m'invitait souvent à dîner au restaurant. Nous avons passer des week ends ensemble, à se balader, à faire des virées en Espagne. Nous sommes même allés plusieurs fois en été à la plage du Cap dAgde, chez les naturistes. J'apprenais à le connaître : afin de garder sa forme et son corps dathlète, il prenait extrêmement soin de lui, faisait attention à son alimentation, faisait du sport quasiment tous les jours, avalait toutes sortes de pilules et protéines, faisait régulièrement des séances dépilations pour enlever ses 3 poils et entretenir son maillot !
Il faut dire qu'à 51 ans, il doit faire attention à pas mal de choses pour pouvoir entretenir la forme et la santé. Et si on ne regarde pas son visage et ses implants capillaires, on ne peut pas deviner son âge !
Il me disait souvent qu'il mappréciait beaucoup et qu'il voulait faire plein de choses avec moi, qu'il souhaitait vivre " une amitié de fou ".
J'y croyais vraiment, il m'avait sous son emprise. Pour moi, c'était un honneur de pouvoir être ami avec un tel homme. Je voyais en lui lhomme daffaire arriviste que jaurais voulu être. Je voulais avoir son talent grâce auxquels il réussissait à négocier des contrats intéressants qui le permettaient de faire tourner un établissement. Il avait également des relations bien placées.
Etant dans une période de mon existence pendant laquelle je ne voulais pas penser à ma vie sentimentale, je ne souhaitais consacrer mon énergie que dans mon travail. Et puis je navais envie que dune chose ; lancer mon affaire dans le but denfin trouver un certain confort, confort que mes parents nont jamais vécu et que je pensais pouvoir leur offrir grâce aux conseils de Christian. Tags :
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